Tu n'es pas ta marque et c'est une bonne nouvelle
- Celine H.

- il y a 8 heures
- 3 min de lecture
Il y a quelques mois, je postais sur Instagram : tu n'es pas ta marque. Une petite phrase qui a suscité quelques réactions. Parce qu'elle va à contre-courant d'une certaine vision du personal branding, celle qui pousse à se mettre en scène en permanence, à livrer sa vie pour alimenter sa communication. Voici pourquoi je crois qu'une distance saine entre soi et sa marque est non seulement possible, mais nécessaire — et comment le personal branding peut y contribuer intelligemment.

Pourquoi confondre sa marque et son identité est risqué
Quand on entreprend en solo, la tentation est grande d'exploiter son image et son identité pour communiquer. Et pour cause : il n'y a, a priori, aucun autre personnage à mettre en avant. C'est encore plus vrai quand la marque porte votre nom, comme c'est mon cas — ou celui d'Alain Afflelou, ou d'Olivier Dachkin.
Pourtant, cette fusion entre la personne et la marque comporte plusieurs risques.
Le premier est stratégique : le ou la fondatrice doit pouvoir quitter l'entreprise à tout moment, en laissant la marque continuer à vivre sans lui ou elle. Alain Afflelou a pris sa retraite, mais sa marque existe toujours et le jingle Il est fou Afflelou résonne encore dans nos mémoires. La marque a su s'autonomiser.
Le deuxième risque est psychologique : si vous vous confondez avec votre marque et que celle-ci traverse une mauvaise passe, c'est votre confiance en vous qui en prend un coup. La marque absorbe les échecs professionnels, certes, mais elle ne devrait pas absorber votre estime personnelle.
Le troisième est celui de l'épuisement. Quand tout le storytelling repose sur votre vie, vous vous sentez obligée de documenter vos vacances, vos sorties, vos moments intimes. Or ces moments-là ont précisément besoin d'être vécus pleinement, sans l'œil de la caméra. Le prix à payer peut devenir très élevé.
Rappel utile : dans un roman ou une série, ce qui nous donne envie de continuer, ce sont les personnages — leur évolution, leurs failles, leurs contradictions. Une marque a besoin de personnages, pas d'une autobiographie.
Personal branding : se mettre en scène sans se livrer entièrement
C'est là qu'intervient le personal branding. Il ne s'agit pas de tout montrer, mais de construire une présence publique cohérente — une version de soi pensée pour incarner les valeurs de sa marque, sans se confondre avec elle.
Dans le cas d'une entreprise, le personal branding du fondateur ou de la fondatrice est particulièrement utile au storytelling de la marque. Il ou elle est un personnage clé qui incarne naturellement les valeurs de la marque.
Le ou la fondatrice devient alors un personnage clé du storytelling de marque : un visage, une voix, une histoire qui humanise l'entreprise. Sur la page À propos de Gemmyo, marque de joaillerie, la fondatrice témoigne en son nom propre — mais le récit de marque lui, s'articule autour du nom, de la promesse, du style, des dates clés. Les 2 coexistent sans fusionner.
Pour une solopreneuse, le personal branding est sans doute l'outil de communication le plus efficace, plus encore que le storytelling de marque pur. Pourquoi ? Parce qu'une vraie personne — avec ses émotions, ses doutes, ses imperfections — crée naturellement de l'attachement. Ce qu'une marque, même bien construite, aura toujours du mal à faire seule.
La clé, c'est de choisir ce que l'on montre et ce que l'on garde pour soi. Le personal branding, bien utilisé, n'est pas une injonction à la transparence totale. C'est une scénographie de soi, au service d'un projet.
En résumé
Séparer votre identité de votre marque, ce n'est pas renoncer à vous montrer — c'est vous protéger, tout en construisant quelque chose qui peut durer au-delà de vous. Le personal branding est le pont entre les 2 : il vous permet d'incarner votre marque sans en devenir l'otage.
Besoin de clarifier votre stratégie de communication ? Je serais ravie d'en discuter avec vous.




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